Réseau Jeunes 2020 : Que le débat commence !

Entre pièce de théâtre, échanges et écriture, la deuxième journée du Réseau jeunes national fut riche en réflexions et en débat sur la place de la religion dans la vie de chacun et dans la société. Immersion.

 

« Soyez rassurés, on n’est pas là pour vous gêner ou vous choquer avec ce texte, mais pour ouvrir le débat », dit Claire, comédienne et metteuse en scène, en préambule de la représentation. Le texte en question, c’est une pièce de théâtre de Slimane Benaïssa, écrite en 1998. Son nom : « Prophètes sans dieu ». Son pitch : Moïse, Jésus et un jeune musulman, qui n’est autre que l’auteur, dialoguent sur les trois religions monothéistes, leurs divergences – notamment en matière de liberté ou d’interdiction de représenter dieu ou son prophète – mais surtout de leurs points communs. « On prêche les mêmes croyances alors pourquoi nos croyants se font ils la guerre ? », interroge Moïse dans la pièce. Un texte d’une incroyable modernité, qui a lancé de façon pertinente la thématique de l’édition 2020 du Réseau Jeunes National : la religion. Et du débat, il y en a eu. D’abord avec les comédiens puis en petits groupes afin de faire émerger ce qui a plu, questionné, gêné dans le spectacle. « J’ai changé d’avis sur la liberté d’expression parce que dans la pièce ils parlent de la religion avec respect », dit par exemple Emilie. Ailleurs, Sephora, Déborah et Sheïma, trois jeunes femmes voilées, ne partagent pas cet avis : « les trois religions ne sont pas traitées de la même façon ; Jésus et Moïse sont trop clichés. Le traitement humoristique ne permet pas de susciter de la réflexion », disent-elles d’une même voix.

A la fin de la matinée, chaque groupe a dû résumer ses échanges en un slogan, laissant apparaître une envie d’union et de tolérance – incarnée par ce dessin mêlant les symboles des trois religions monothéistes – et d’une meilleure compréhension des croyances des uns et des autres. « Les religions doivent nous mener à l’union », écrit par exemple l’un des groupes.

Exercice de création

L’après-midi, les 130 jeunes sont répartis en 5 groupes. Mais tout le monde suit le même programme : mieux connaître le lien de chacun avec la religion – l’occasion de constater la grande diversité des participants -, rédiger un texte sur deux thèmes au choix qui sont « comment sont perçus les religions en France » ou « imaginer un monde sans religion ». Après la rédaction, le partage. Chacun lit ce qu’il a écrit puis à plusieurs ils écrivent un texte commun qui sera ensuite joué devant le groupe entier. Dans celui animé par Mohamed, l’un des comédiens de la troupe, le travail a donné lieu à quatre saynètes, l’une met en scène un journal télévisé privilégiant un attentat islamiste à l’assassinat de deux femmes voilées, l’autre présente une enseignante qui demande à une jeune fille d’enlever son turban, la troisième donne à voir une élue pour qui la religion « doit nous rendre meilleure ». Enfin, la quatrième a pour décor un repas entre amis qui débattent de ce que serait le monde sans religion. « Un monde sans religion, c’est quand les gens croiront en eux », dit l’un. Un autre lui rétorque qu’avec la religion, « on sait ce qu’on peut faire et ne pas faire ». Des points de vue parmi tant d’autres, qui ont pu s’échanger dans l’écoute et la bienveillance.

« Il y a eu un respect incroyable entre vous. Et puis, vous avez pris la parole et c’est ce qui est important », conclut Mohamed. Fwed, animateur d’un centre social en Franche-Comté, abonde : « j’avais des appréhensions avant de venir, notamment par rapport aux cultures des uns et des autres. Mais en fait, les jeunes débattent sans a priori et sans jugement. Et c’est bien le but recherché par le Réseau Jeunes ».

Anne Dhoquois, avec Tina, Noémi et Laounia

 

Le réseau jeunes des centres sociaux, qui réunit cette année 130 jeunes et leurs animateur.rices a pour thème Oh my God ! Il vous est raconté chaque jour dans ce journal de bord, écrit par Anne Dhoquois – journaliste qui collabore au magazine C’est Possible ! – avec l’appui de Tina, Noémi et Laounia, participantes au réseau jeunes et reporters. Ces dernières recueillent de la matière et leurs impressions tout au long de la journée et les partagent pour en faire cet article.

 

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