« Faut qu’on serve ! » : la conserverie mobile et solidaire de Romans-sur-Isere

Par • 19 Juil, 2018 • Catégorie: Accueil, Actualités, Brèves, Centres sociaux, Focus, Reportages, Rhône-Alpes, Vie du réseau

Comment manger sain et local tout en luttant contre le gaspillage alimentaire ?  Une solution semble se trouver dans la Drôme où les 3 centres sociaux associatifs de Romans ont lancé le projet de conserverie mobile et solidaire. La première de France. L’idée : avec les habitants, récupérer le surplus des agriculteurs du territoire, les cuisiner et les transformer sous forme de conserve. Tout ça à l’aide d’un camion tout équipé, conçu par l’entreprise locale La Sert.

Depuis longtemps préoccupées par la question de l’alimentation, ce projet a émergé il y a deux ans,  lorsque la maison de quartier des Ors, de Saint Nicolas et la maison citoyenne, regroupées en coopérative, ont animé une quinzaine de tables de quartier dans le cadre du renouvellement de leur projet social. « Manger bien et pas cher, voilà ce que souhaitait les habitants de Romans, » détaille Jean-Marc Noirault, directeur de la maison de quartier des Ors. Il faut dire que la Drôme – ou « le verger de la France » comme il l’appelle – est un territoire très maraicher et fruitier et aussi le premier département bio de France.

Le groupe projet alimentation des trois maisons de quartier, composé de professionnels et d’une quinzaine de bénévoles, ont travaillé sur les grandes lignes de l’action. Le groupe est parti à Liège, s’inspirer de l’expérience de la conserverie solidaire itinérante de nos voisins belges. En septembre 2017, le camion sort de l’usine. «Des conserveries fixes existent mais nous voulions vraiment être mobiles, explique Mariana Roy, coordinatrice de la conserverie à la maison de quartier Saint Nicolas. L’idée c’est qu’on puisse aller à la rencontre des producteurs, mêmes des plus petits qui ne peuvent pas se déplacer pour quelques tomates invendues. Et ça permet aussi aux habitants de sortir de leur quartier et de découvrir leur territoire. » « Sortir de Romans c’est aussi montrer ce qu’est la production locale, c’est rendre vivant le concept, » ajoute Jean-Marc Noirault.

Après avoir recueilli fruits et légumes, retour au camion-cuisine pour mettre la main à la pâte. Ce temps est aussi un prétexte pour rencontrer de nouvelles personnes, de son quartier ou d’ailleurs, et développer des liens. Pour l’étape mise en bocaux, les bénévoles sont accompagnés d’un professionnel de la conserve, afin de respecter normes d’hygiènes et d’utiliser l’autoclave (qui permet de stériliser les bocaux à très haute température et très grande vitesse). Et après ? « Les pots sont consignés, raconte Mariana Roy. Lorsqu’on va faire une action quelque part, on laisse les pots pour 2 euros qui correspondent à la consigne. Les pots sont très jolis visuellement, on a fait des étiquettes, tout le monde a envie d’en avoir ! » Les bocaux sont également « vendus » dans les trois centres en « tic tac, » la monnaie-temps locale. Une minute d’investissement correspond à un tic tac. «  ça ne serait pas très moral de les vendre, précise le directeur de la maison de quartier des Ors. Ce sont des dons de producteurs ensuite conditionnés par des bénévoles. Par contre, on est en train de réfléchir à rentrer dans une économie plus marchande, peut-être via de la vente directe des producteurs. On avance en marchant. »

Pour mesurer l’impact d’un tel projet, les acteurs ont mené une évaluation participative. La fleur de l’utilité sociale, outil socle de l’évaluation, a ainsi été imaginée avec les administrateurs, puis affinée avec les salariés et les habitants. « Les habitants se sont totalement appropriés le projet. Ils en sont très fiers. Certains sont en difficultés sociales, et cette initiative contribue au pouvoir d’agir et à une meilleure estime de soi, développe Jean-Marc Noirault. Puis, on mesure aussi l’impact sur l’image des centres sociaux : on nous reconnaît comme des vrais acteurs économiques et politiques du territoire. » Quant aux producteurs, cela leur permet de valoriser leur travail et leurs productions, perdus jusqu’alors.

La conserverie mobile et solidaire fait déjà beaucoup parler d’elle. Souvent sollicitée, elle a été invitée notamment au festival « tous engagés » de la Croix Rouge qui a eu lieu à la Courneuve en juin dernier. Elle fait également le tour de plusieurs centres sociaux afin de se présenter. Alors, à quand chez vous ?

 

Pour plus d’informations et si vous voulez accueillir une animation dans votre commune, contactez Mariana ROY, Chargée de projet – 06 37 58 68 17 – conserveriemobile26@orange.fr

Et pour soutenir ce projet, vous pouvez voter en ligne pour le trophée de l’entreprise 2018 ici !

Téléchargez le dossier de présentation ici

 

 

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