Le goût du partage au centre social de Chemillé

Par • 6 Mar, 2018 • Catégorie: Accueil, Actualités, Brèves, Pays de la Loire, Reportages, Vie du réseau

Article extrait du magazine Villages n°134 – Décembre 2017, http://www.villagemagazine.fr

Potagers en libre service, ateliers d’échanges de savoirs, quincaillerie collaborative…A Chemillé, les habitants multiplient les initiatives gratuites pour créer du lien social.

Texte et photos : Stéphane Perraud

Le deuxième samedi de chaque mois, place au Repair café au centre social de Chemillé. Outres les réparations, sont proposés des ateliers thématiques pour apprendre à entretenir vélos, ordinateurs, machines à coudres…Prévenir vaut mieux que guérir. ©Stephane.Perraud

 

Samedi matin à Chemillé. Dans la cour du centre social, le soleil pointe timidement le bout de son nez. Les habitants aussi. Ils arrivent un à un sur des vélos qui couinent, qui chuintent, qui grincent dans un joyeux concert de cliquetis. C’est le jour du Repair café, l’atelier de réparation citoyen où chacun peut venir réparer gratuitement ses objets du quotidien avec l’aide de bricoleurs du dimanche. Ou en l’occurrence du samedi. 

©Stephane.Perraud

« Aujourd’hui, c’est une session spéciale bicyclettes, explique Yvan Godreau, coordinateur multimédia au centre social. Tous ceux qui ont un vélo abîmé peuvent apprendre à régler leurs soucis mécaniques. On veut remettre la population en selle. Plus on aura de vélos en bon état, moins on sera tenté de prendre sa voiture. » Etienne a apporté le VTT de sa fille qui ne cesse de dérailler. Avec l’aide de Gilles Barré, un amoureux de la petite reine, il redresse une dent sur un pignon et change un câble. En 20 minutes, le vélo est prêt. « Ma fille va pouvoir retourner à l’école avec, s’enthousiasme t-il. Si ça se reproduit, je sais désormais comment m’y prendre. » 

Dans le bâtiment voisin, une dizaine de personnes se presse autour d’une cuisinière en panne, d’une imprimante récalcitrante et d’un réveil défectueux. Jacques Galland, électronicien à la retraite, démonte l’imprimante de Clémentine, la nettoie d’un coup de compresseur et la machine se remet à ronronner. « Je n’avais ni le matériel, ni les connaissances, pour effectuer ce type d’opération. Je m’apprêtais à la jeter alors qu’elle est encore fonctionnelle, explique la jeune femme. C’est génial de pouvoir redonner vie à tous ces objets. Les réparateurs nous transmettent leurs trucs et astuces. Je me sens moins bête devant une machine. » 

Dans le ventre de l’ordinateur

Le centre social a dédié tout un bâtiment aux échanges de savoirs, baptisé le Boc@l. Les différents ateliers (numérique, couture, rempaillage de chaises) accueillent plus de 100 personnes par semaine. Se croisent ici des lycéens, des retraités, des cadres, des ouvriers…« Cette diversité socio-culturelle et générationnelle nous importe beaucoup, avance Yvan Godreau. Notre ambition est d’aider tous les habitants à changer d’époque. Nous sommes à l’ère du tout numérique et de l’obsolescence programmée. On apprend à la population à ne plus subir, à ne pas avoir peur de la technique, à ouvrir le ventre d’un ordinateur ou d’un smartphone, à ne plus jeter un objet parce qu’une pièce est défectueuse. La technologie numérique permet désormais de la recréer ! C’est une vraie démarche d’éco-citoyenneté. » 

Au Repair Café, on ne regarde pas le réparateur on apprend à ses côtés. ©Stephane.Perraud

Démonstration. Sur l’écran de son PC, Marin Boyet a dessiné une pièce d’engrenage. A ses côtés, l’imprimante 3D s’active pour la fabriquer à partir d’un bloc de résine biodégradable. Introuvable dans le commerce, cette pièce est indispensable pour réparer son ventilateur. Coût de revient : 2 euros seulement. A 23 ans, le jeune homme originaire de Chemillé est en école d’ingénieur à Paris, mais revient dès qu’il le peut au Boc@l. Il en avait 13 quand il s’est initié ici à l’informatique. Aujourd’hui, c’est lui qui donne des conseils à l’animateur multimédia… « Ce lieu est incroyable !, renchérit Pierre Joubert, 22 ans, étudiant en mathématiques et mécanique à Bordeaux. Même dans mon école, on n’a pas accès à autant de machines. C’est fou de trouver un tel fablab en milieu rural. » En stage dans une entreprise de Cholet, Pierre vient spécialement donner des cours gratuits aux habitants. Le Boc@l est équipé de trois imprimantes 3D, d’une découpe laser, mais aussi de machines à coudre, à broder et à surjeter et de tout un équipement à faire pâlir de jalousie bien des professionnels : établis industriels, poste à souder, générateur de tension, composants divers… Une grande partie a été récupérée par un adhérent, ingénieur en électronique, au moment où son entreprise renouvelait son matériel. Toutes ces machines à disposition suscitent des vocations. A 17 ans, Enguerran et Augustin ont régulièrement  » la tête dans le Boc@l ». En terminale dans un lycée d’arts appliqués de la région, c’est ici qu’ils viennent fabriquer et tester leur prototype de lampe en papier au coût riquiqui et à l’effet bluffant. Une nouvelle idée lumineuse « made in Chemillé » qui sera peut être demain sur votre bureau. 

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