Jeunes : le sens de la représentation

Par • 27 Oct, 2017 • Catégorie: Actualités

Réseau jeunes, 4e jour. Toute la matinée est consacrée à la préparation d’un temps fort du réseau : une rencontre à la salle des fêtes avec des élus, acteurs associatifs et habitants de la ville. Que de chemin parcouru depuis trois jours ! Des paroles, il y a en a eu, de dites, de partagées, de débattues. Paroles des jeunes entre eux sur leurs représentations entre jeunes des villes et des campagnes, paroles d’habitants récoltées dans la rue et affichées… 140 jeunes, 145 habitants rencontrés. Des mots ont été prononcés. Forts. Des maux de la société aussi : difficulté de la rencontre entre générations, avenir sombre… Mais c’est aussi la richesse de cette jeunesse et de ces jeunesses qui s’est beaucoup exprimée. Une jeunesse qui doit prendre sa place, qui a du courage, qui est créative, et qui s’engage, comme le montre le réseau jeunes.

    

Créer pour raconter

Comment partager tout ce matériau, écrit, si riche et analysé par les jeunes ? L’imagination est encore au rendez-vous. Une dizaine de séquences sont travaillées : écriture de slam et d’un poème, mise en scène d’une pièce de théâtre, répétitions pour une émission TV, sondage préparé… Tout le monde est impatient de montrer aux autres sa production, et d’entendre celles préparées par les autres jeunes.

Après le déjeuner vite englouti, direction la salle des fêtes. Les affiches présentées sur des cordes à linge habillent la salle immense et lui donnent de la chaleur. Quand on entre, la couleur des panneaux et la force des mots frappent.

Humour contre stéréotypes

Allez, c’est parti. L’après-midi démarre par une émission tv. Des clichés envers la jeunesse sont débités par les participants de tous âges. Jeunesse fainéante, irrespectueuse, accros au téléphone… Le ton est donné. La séquence suivante oppose stéréotypes et contre-stéréotypes. La salle rit, jaune parfois, franchement d’autres fois. Il faut dire que les jeunes sont excellent comédiens.

Les paroles rapportées ne sont pas tendres non plus entre jeunes eux-mêmes, des villes et des campagnes : « C’est quand qu’on va en ville ? Ch’sais pas, le prochain bus c’est dans deux semaines ». Tout s’enchaîne. La salle est attentive, et très participative. Les commentaires vont bon train. On se reconnaît dans les propos, on est choqué par d’autres. Un quizz interroge les participants : quel est l’âge de la personne la plus jeune ayant répondu aux porteurs de parole ? 3 ans. Quelle part du PIB est dédiée à la jeunesse ? (« Mais c’est quoi le PIB », demande un participant) ? 2%. « C’est pas beaucoup ! ».

Le regard des adultes sur les jeunes est aussi questionné dans un slam : « Certains nous disent que nous sommes l’avenir de demain, d’autres que nous sommes le chômage de demain », « vous nous parlez de notre génération, mais est ce que nous on vous parle de la vôtre ? » Les jeunes interrogent aussi la société : « le système scolaire n’aide pas les jeunes en difficulté », « on n’a pas le temps de rêver, on veut passer à l’action mais le système, il va trop vite ». Et les médias et les infos en continu tournés en dérision.

Un poème interroge le manque de considération réelle envers les jeunes : « La jeunesse, rien n’est simple, on pourrait même se demander combien il faudrait de cheveux blancs pour être considéré ou reconnu. Tout le plaisir de vivre se tient entre leurs mains ».

Et maintenant ?

Une fois ces tranches de vie et ces regards posés, l’échange s’engage avec les élus, les habitants. Le dialogue n’est pas toujours facile : quelle place pour les jeunes dans un territoire ? Les conseils des jeunes c’est bien, mais pas suffisants, il faudrait faire en sorte que les jeunes soient réellement investis dans les territoires, et pas seulement qu’on les écoute de temps en temps. OK, mais comment on fait, alors ? Par quoi, on commence ? « On est aujourd’hui 150 au réseau Jeunes. Il faut nous médiatiser, et je vous promets, ça va tout changer, » réplique un jeune. « Dans les quartiers, on est tous mobilisés, mais personne ne nous écoute ! » reprend un autre. « Cela fait 4 jours que je me dis que pour qu’on réussisse, il faut qu’on construise avec les jeunes, que vous nous aidiez à monter les projets » reconnait Ghislaine Pieux, chargée de la jeunesse et du lien social à la mairie de Sens. » Ce dont on rêve c’est que vous repartiez avec des idées et que vous alliez vous faire entendre autour de vous, » résume Pascale, ancienne directrice d’un centre social à Sens.

Finalement, c’est peut-être ensemble, jeunes et adultes, qu’il faut avancer pour faire bouger les choses. Et pourquoi pas, comme le demandent plusieurs jeunes, en commençant par organiser des réseaux jeunes départementaux. Chiche ?

Ce soir, ambiance festive au lycée de Sens avec la méga-boum pour célébrer la fin de la 7ème édition du Réseau Jeunes. Demain matin, c’est l’heure du bilan et d’un dernier temps de travail pour imaginer le Réseau Jeunes de l’an prochain. Puis ça sera (déjà) l’heure du départ. Avec en mémoire, ces quelques mots d’une des pancartes : « L’avenir… il faut leur faire confiance, à ces jeunes. »

 

Les articles consacrés au Réseau Jeunes les jours précédents :

Le premier jour, l’arrivée, ici

Le deuxième jour, la collecte des paroles,

Le troisième jour, analyse et solidarité, et là

 

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