Centres sociaux et conseils citoyens: des liens forts

Par • 24 Oct, 2017 • Catégorie: Accueil, Actualités, Brèves

Mené entre janvier en juin 2017, un travail de recherche réalisé par Gwenaëlle Bouhier, étudiante en Master 2 évaluation des politiques publiques (Université d’Amiens) pour la Fédération des centres sociaux a mis en évidence les forts liens entre centres sociaux et conseils citoyens: 80% des 650 centres sociaux adhérent à la FCSF intervenant en quartier politique de la ville ont été sollicités d’une manière ou d’une autre en soutien du conseil citoyen créé sur leur territoire ; a minima, ce soutien prend la forme d’un appui logistique, avec en particulier la mise à disposition de locaux (83%), et peut aller jusqu’au portage administratif du conseil (19%), en passant par l’animation du conseil (38%), la participation des membres du conseil d’administration du centre social au conseil par le biais du collège « acteurs locaux » (68%), la formation (29%) ou encore la promotion du conseil citoyen (80%). Ces chiffres démontrent que les centres sociaux sont de fait l’un des principaux soutiens des conseils citoyens sur le terrain, alors même que rien ne les y oblige légalement.

Cliquez ici pour télécharger le rapport de recherche « Les liens entre centres sociaux et conseils citoyens »

Cette étude est conçue pour « donner des billes » aux centres sociaux déjà engagés dans l’accompagnement de conseils citoyen ou qui souhaitent s’y engager: les difficultés et les menaces que ce rôle de soutien représente sont pointés, mais aussi les opportunités que cela représente pour le centre social, ainsi que les questions qui doivent être posées au sein de l’équipe pour y voir plus clair.

Créés par la loi de 2014 qui réforme la politique de la ville – dite « loi Lamy » du nom du Ministre de la ville de l’époque François Lamy – les conseils citoyens sont un dispositif de démocratie participative, rendu obligatoire sur les 1514 quartiers politique de la ville (QPV), à savoir ceux dans lesquels le revenu moyen par habitants est le plus faible et où une action spécifique de l’Etat est prévue. Le conseil citoyen est le premier dispositif de participation à afficher le principe de co-construction des politiques publiques: les conseils citoyens siègent dans les comités de pilotage du « contrat de ville », document qui établit les grandes lignes de l’action publique dans chaque QPV, sur 3 thématiques: développement économique et emploi, cohésion sociale, cadre de vie et renouvellement urbain. Le conseil citoyen est composé d’habitants, pour partie tirés au sort, pour partie issus d’acteurs locaux volontaires (associations, entreprises, etc.) et il est autonome vis-à-vis des pouvoirs publics: les élus n’ont pas le droit d’y siéger.

Dans les faits, la mise en place des conseils citoyens a été compliquée et leur fonctionnement reste parfois précaire: difficulté des collectivités locales à mettre en place un tirage au sort (sur la base de quelles listes?); méfiance de certains élus locaux vis-à-vis de ce qui peut apparaître comme un « contre-pouvoir », qui plus est imposé par l’Etat; difficulté des membres des conseils citoyens à se mobiliser sur le long terme, en particulier ceux tirés au sort; conseils installés alors que les contrats de ville sont déjà signés, réduits à un rôle de figurant dans leur pilotage, etc.

Malgré cela, la FCSF soutient cette innovation démocratique, qui va dans le sens de son projet fédéral pour développer le « pouvoir d’agir des habitants » et donne déjà de beaux résultats sur certains territoires. Un partenariat a été noué avec le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), l’administration publique responsable de la mise en oeuvre de la politique de la ville, pour créer et animer un site ressource pour les conseillers citoyens, accessible publiquement à l’adresse http://www.conseilscitoyens.fr/

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