Les centres sociaux du Nord-Pas-de-Calais appellent à faire barrage à l’extrême droite

Par • 5 Mai, 2017 • Catégorie: Accueil, Brèves

La FCSF relaie ci-dessous l’appel des fédérations des centres sociaux du Nord-Pas-de-Calais

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LES CENTRES SOCIAUX DU NORD PAS-DE-CALAIS APPELLENT A FAIRE BARRAGE A L’EXTREME DROITE

C’est dimanche prochain que nous élisons le(la) prochain(e) Président(e) de la République. Dans le cadre de la Constitution de la Ve République, il(elle) aura le pouvoir d’agir pendant cinq ans. Agir pour le meilleur, c’est-à-dire redonner vie à notre démocratie en panne, construire un projet qui mobilise les énergies pour apporter des réponses aux crises économique, sociale, énergétique et environnementale et redonner confiance en un avenir plus juste socialement et plus solidaire…. Pour le meilleur ou pour le pire car l’issue de ce second tour est loin d’être acquise.

A la veille de ce second tour, nous, responsables des centres sociaux du Nord et du Pas-de-Calais tenons à réaffirmer les valeurs auxquelles nous sommes attachés.

Ces valeurs, ce sont celles de notre devise nationale qui figurent aux frontons des édifices publics :

LIBERTE : liberté d’expression, de pensée, philosophique, de religion, de la presse, de s’associer, de critiquer, de manifester, de se syndiquer, de faire grève, de penser autrement, de proposer des solutions alternatives

EGALITE : l’égalité – bien réelle entre toutes et tous, face à l’emploi, aux aides sociales, à l’accès aux soins et au socle de droits, entre les femmes et les hommes, prévention des discriminations de toutes sortes et lutte contre les inégalités de traitement

FRATERNITE : c’est-à-dire la générosité et l’humanité envers tous comme le respect de notre environnement partagé.

Ces valeurs ce sont celles aussi qui sont inscrites dans la charte des centres sociaux de France.

DIGNITE HUMAINE, c’est-à-dire le respect de l’autre, l’accueil et l’écoute…

SOLIDARITE c’est-à-dire la capacité à vivre ensemble dans une société qui développe des réseaux d’entraide et d’échanges pour dépasser l’individualisme, le repli sur soi ou sa communauté, les clivages et les divisions,

DEMOCRATIE c’est-à-dire la capacité à débattre, à partager et à construire ensemble

Ces valeurs ce sont celles enfin de l’éducation populaire : l’émancipation par l’éducation et la culture, la laïcité et le respect de l’autre, de ses convictions philosophiques et religieuses.

Si nous rappelons aujourd’hui ces valeurs qui nous animent et qui constituent le socle de la société dans laquelle nous voulons vivre, c’est parce que, du fait de notre engagement dans les centres sociaux, nous voyons qu’elles sont aujourd’hui contestées, menacées et largement mises à mal. Nous entendons la colère de ceux qui vivent en se sentant ignorés, méprisés. Nous connaissons le désarroi de ceux qui ne trouvent pas leur place dans une société devenue de plus en plus inégalitaire. Avec d’autres, nous sommes aux côtés de ceux qui sont confrontés à un système de protection sociale qui ne leur garanti même pas le minimum. Chaque jour, ils savent que leurs droits à la dignité, à la santé, au logement, à l’emploi, à l’éducation n’est pas assuré pour eux.

Dans les centres sociaux, nous nous employons, avec les habitants, avec les usagers, à inventer, à imaginer, à construire des réponses aux inégalités et aux injustices qui nourrissent indifférence, colère, peur du déclassement, désespoir, peur de l’avenir, de l’autre, de l’immigré, de l’étranger. Dans un tel contexte, beaucoup ne voient pas d’autre issue que de s’en remettre aux démagogues qui cherchent à exploiter ces souffrances sociales. C’est pour dénoncer ces fausses solutions que nous lançons ce cri d’alarme ; pour refuser ces fausses solutions qui visent à nous opposer les uns aux autres et pour faire barrage à ceux qui nous proposent des solutions autoritaires qui produiront du rejet et de l’exclusion. C’est par une citoyenneté active et le développement de notre pouvoir d’agir, de notre capacité à agir collectivement, que nous apportons des réponses aux problèmes de la société car ce sont les habitants eux-mêmes qui sont des experts de leur cité

A quelques jours du second tour, même si le meilleur n’est pas garanti, le pire n’est pas à exclure ; il reste possible. Le pire ce sont nos valeurs remises en cause. Ce sont des droits qui ne seraient plus les mêmes pour tous ce qui revient à rendre légales les discriminations. Le pire ce serait une solidarité réduite aux acquêts, une démocratie affaiblie et le renoncement à nos libertés fondamentales comme on peut déjà en avoir un avant-goût dans les collectivités dirigées par l’extrême droite.

Face à une telle perspective et aux menaces qui pèsent sur nos valeurs universelles, nous ne pouvons rester silencieux. C’est le sens de cette alerte et de cet appel à une large mobilisation, y compris dans les urnes, contre celles et ceux qui prônent le rejet de l’autre et le repli sur soi. Faire barrage à l’extrême droite et aux idées d’exclusion et de division dont elle est porteuse, c’est devenu un enjeu majeur de ce second tour. Un enjeu décisif qui ne peut et ne doit laisser personne indifférent ni dimanche prochain, ni dans cette séquence politique qui s’ouvre et qui passera par la phase des élections législatives et des élections territoriales à venir.

Mais cela dépasse le cadre du simple fait de voter. Les citoyens doivent se réapproprier les questions politiques. En tant qu’affaire de la Cité, la politique concerne tous les citoyens. C’est à cette mobilisation citoyenne que s’emploient les centres sociaux en développant, avec d’autres acteurs de la société civile, l’envie et le pouvoir d’agir des habitants, des usagers, des citoyens.

est chargé de communication FCSF / webmestre du site www.centres-sociaux.fr.
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