Centres sociaux et projets de territoire (1): Les étapes du renouvellement de projet

Par • 1 Sep, 2011 • Catégorie: Accueil, Actualités, Centres sociaux, Focus, Île-de-France, Régions, Reportages, Zoom sur

Alors que l’activité des Centres  passe du rythme estival à celui de la rentrée, centres-sociaux.fr propose à ses lecteurs une série d’articles sur l’une des spécificités les plus mal connues du projet centre social: le processus de renouvellement de projet. En effet, beaucoup ignorent que l’agrément « centre social » est délivré par les Caisses d’allocations familiales (CAF) sur la base d’un « projet social » de territoire, qui doit être renouvelé régulièrement (entre 1 et 4 ans) et, pour être valable, établi avec les habitants. Ainsi, les centres sociaux sont des structures intrinsèquement en prise avec les problématiques de leur territoire, adaptant leurs projets et leurs activités au fil du temps, au gré des besoin repérés ou exprimés par ceux qui y vivent.

Dans ce premier article, nous revenons sur le cadre de l’agrément tel qu’il est défini par la CNAF et illustrons celui-ci avec l’exemple d’un centre social parisien actuellement en renouvellement de son projet.

 

Ce qu’attendent les CAF du renouvellement de projet

Dans la réalisation de son projet, un centre social passe en général par quatre étapes:

–        L’évaluation du projet social précédent: a-t-on atteint les objectifs fixés? Sinon pourquoi? ;

–        le diagnostic partagé et/ou participatif, basé à la fois sur des données « froides » (statistiques) et « chaudes » (ressentis des membres de l’équipe, des bénévoles et des habitants) ;

–        la définition de priorités ou d’axes prioritaires pour le nouveau projet ;

–        le choix d’activités et/ou de méthodes pour répondre à ces priorités.

Afin de donner un cadre au renouvellement du projet social, la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF) a mis en place des outils qui permettent de formaliser ce qui est attendu par les CAF et de fixer des étapes de réalisation de ce projet.

Il n’existe à l’heure actuelle que 2 outils:

–        La circulaire CNAF de 1995 qui confirme et reprécise les objectifs, missions et fonctions des centres sociaux. Cette circulaire propose également des outils d’aide à la décision en matière d’agrément pour les CAF, en définissant des objectifs de qualité.

–        Un référentiel d’évaluation qui sert de guide à la démarche de renouvellement

Du fait de l’absence de cadre légal mieux défini, chaque CAF a mis en place ses propres critères pour juger de la qualité d’un projet social. Certaines seront plus exigeantes sur des données statistiques du territoire et d’autres plus sur le point de vue des habitants; certaines vont évaluer ce qui a été fait et d’autres jugeront plutôt la pertinence de ce que le centre social prévoit de faire.

Néanmoins, un aspect du renouvellement de projet qui doit être  systématiquement vérifié par toutes les CAF, c’est la réalité de la participation des habitants. Pour un centre fédéré cette dimension va en principe de soi!

L’exemple de la 20e Chaise

Quand un centre social renouvelle son projet, il est donc nécessaire qu’il passe par ces différentes étapes, avant de le rendre finalisé à la CAF. Pour illustrer ce processus nous avons interrogé Stéphane Nicolaï, directeur du centre social la 20ème Chaise, à Paris.

Pour faire l’évaluation du projet social précédent, des réunions ont été organisées avec les partenaires du territoire, comme la mairie, l’équipe de développement local chargé de mettre en œuvre la politique de la ville et les divers partenaires associatifs. A la 20e Chaise, ces réunions ont été organisées en fonction du public dont il était question. Ainsi, il y a eu une réunion centrée sur l’enfance, une sur la famille, les seniors, ainsi de suite. Des réunions ont également été organisées avec les salariés et les bénévoles du centre, pour avoir leur retour.

Les habitants en réunion à la 20e Chaise pour renouveler le projet du centre

Ensuite est venue l’étape du diagnostic. Il a d’abord fallu rassembler un certain nombre de données chiffrées liées au territoire: nombre d’habitants, d’enfants, de chômeurs, etc. Ces chiffres ont été fournis par les statistiques de l’INSEE ou par l’équipe de développement local.

Pour recueillir la parole des habitants, chaque centre social a sa propre méthode. Dans le cas présent, le centre a effectué une centaine d’entretiens individuels au sein de la structure avec des enfants, des adolescents, des seniors et des adultes. Une stagiaire en développement social local en a mené une grande partie car cela a demandé beaucoup de temps.

A l’issue de ce travail de recueil, des réunions entre les partenaires et l’équipe ont lieu afin de construire les nouveaux axes du projet social et les actions qui devront permettre de remédier aux problématiques identifiées lors du diagnostic.

Enfin, vient la présentation du projet social aux habitants. « Le projet social n’est pas statique, des réajustements sont possibles et puis il y a des perspectives de développement, d’évolution selon l’actualité du quartier » note Stéphane Nicolaï. Ainsi, les habitants peuvent proposer de nouvelles actions en cours de réalisation du projet.

Et dans votre centre social, comment ce renouvellement est-il organisé? N’hésitez à témoigner en postant un commentaire à cet article.

 

est rédacteur du site centres-sociaux.fr
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2 Réponses »

  1. Bonjour,

    Je ne suis pas certain que les entretiens individuels soient une bonne méthode pour recueillir la parole des hbitants: il faut être 2, 1 qui interroge et 1 qui écrit, ça crée donc un rapport de pouvoir en faveur du CS. De plus, il n’y a pas circulation de la parole, débat. Je préconise des petits groupes de 5-6, plus ou moins affinitaires, avec un porte-parole désigné.
    Cordialement

  2. Merci Philippe pour ce retour d’expérience.

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