Hommages à Louis Flandin (1947-2011), ancien Président de la FCSF

Par • 10 août, 2011 • Catégorie: Accueil, Acteurs, Actualités, Disparitions, Focus, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Régions, Témoignages, Vie de la FCSF, Zoom sur

Comme nous l’avions annoncé, Louis Flandin est décédé à 64 ans le mercredi 13 juillet, victime d’un accident de la route. Président de la la FCSF de 2003 à 2007, il était ensuite devenu président la fédération des centres sociaux du Var – Côte d’Azur et président de l’union régionale des centres sociaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Louis Flandin en 2007 à la FCSF

« Un immense choc« , c’est ainsi que Serge Léger, Délégué de la fédération du Var – Côte d’Azur, présente l’annonce du décès de Louis. Dans le message adressé à sa famille, Serge dresse le portrait d’un « très grand copain à nous qui s’en va, que l’on appréciait pour sa force de conviction, son attachement à porter toujours une grande qualité de réflexion, son humanité et son attention auprès de nous tous. Il apportait toute son énergie dans notre vie fédérale et était unanimement apprécié et reconnu de tous (…). Nous étions fier d’être avec lui, de le connaître, de travailler avec lui, de partager ses réflexions et sa clairvoyance.« 

Les témoignages d’amitié et soutien à sa famille ont afflué du département du Var et des départements voisins, émanant aussi bien des professionnels et bénévoles des centres sociaux, que des partenaires et représentants des collectivités locales qui avaient eu l’occasion de croiser sa route. Claudie Larrieu Clerc, Présidente du Centre social du Roy d’Espagne à Marseille rend hommage à « cet inlassable tricoteurs de mots qui nous a fait si souvent sourire« . Pour Frédéric Blanc, trésorier du centre social de Draguignan, « c’est un militant qui détestait, il le disait lui-même, les injustices sociales (…) Plus que tout, il détestait les incohérences des bureaucrates et technocrates, mais il cherchait des solutions pour que nous nous adaptions au système sans que nous perdions pour autant notre âme. Louis était quelqu’un de très cultivé, très à l’écoute des autres, ouvert aux idées mais aussi avec des convictions; il ne fermait jamais la porte. Pour nous, Fédération Côte D’Azur, c’est une immense perte. C’était un pédagogue de profession et dans l’âme, un « éducateur », une personne riche dans l’âme auprès de laquelle on apprenait toujours quelque chose avec de nombreux centres d’intérêts.« 

Mais avant de s’investir dans le renforcement du réseau fédéral en région PACA, Louis Flandin a passé une grande partie de sa vie dans la région Poitou-Charentes, où il avait présidé le centre social de Confolens, la fédération de Charente et participé à la création de l’union régionale de Poitou-Charentes (URECSO), dont il a également assuré la présidence. Isabelle Godillon, actuelle Présidente de la Fédération de Charente témoigne: « Je connaissais Louis depuis plus de 20 ans. Il s’est très fortement impliqué dans la vie fédérale de notre département puis de notre région. Il avait une véritable vision du rôle que devait jouer l’échelon régional et, plus largement, du rôle que devait jouer la société civile dans notre pays. Il croyait très fort dans la formation. Dans sa vie professionnelle (Louis Flandin a été professeur d’histoire-géographie NDLR), c’était quelqu’un qui se passionnait pour ses élèves, était toujours à l’affût de nouvelles méthodes pédagogiques. Au niveau humain, je crois qu’il masquait une forte sensibilité derrière des grandes phrases. C’était quelqu’un qui avait un idéal.« 

Louis Flandin en 2005, prenant la parole lors du Congrès des centres sociaux à Villebon.

Claude Gross, ancien président de la fédération de Vaucluse et ayant côtoyé Louis au CA de la FCSF décrit « un militant animé de fortes convictions et passionné pour les valeurs humaines que représentaient le centre social. Avec Gérard Sanvicens (ancien délégué général de la FCSF NDLR), ils avaient constitué une équipe soudée, particulièrement investie dans l’animation du réseau et dans la reconnaissance du projet centre social. En tant que Président de la FCSF, il a contribué à renforcer le socle de valeurs qui porte notre fédéralisme. Louis avait une grande culture. Il était particulièrement attaché à la notion de citoyenneté et à son évolution vers une forme toujours plus participative. Louis croyait à la construction collective où chacun avait besoin de l’autre et il aimait bien faire référence à ce sujet à l’équipe de foot, un sport qu’il avait pratiqué. Mais ce qui m’a le plus marqué chez lui c’est son attention aux autres. En ce sens, il représentait vraiment l’idéal de solidarité dans lequel nous nous sentions engagés.« 

Pour Henry Colombani, ancien délégué général adjoint de la FCSF, « Louis Flandin était animé par un profond souci d’autrui, et je dirais une forme de vertu, qui avait d’ailleurs ses exigences. Il faisait preuve d’une grande lucidité, qui parfois dérangeait. Il s’est imposé dans notre réseau en formulant une réflexion critique au sujet de l’organisation du Congrès de Strasbourg (1998), réclamant plus de décentralisation et plus de pouvoir aux régions. Il a été élu Vice-Président de la FCSF en 2000 puis Président en 2003. Pendant son mandat il a voulu mettre en place une gouvernance plus collaborative, avec un mode de travail par projets co-construits entre les fédérations locales et la fédération nationale. Il a également voulu mettre en place des outils communs de gestion, de mutualisation. A titre personnel, je le considérais comme un ami, avec qui j’avais une grande proximité intellectuelle. C’était un homme de talent, avec un côté intello, qui mettait les gens parfois un peu mal à l’aise, mais aussi un côté « terrien », rustique« .

Louis Flandin en FCSF en 2007

Hubert Dujardin, ancien président du SNAECSO, dans un texte qu’il nous a fait parvenir, parle de quelqu’un qui « voyait le long terme, parfois même le très long terme. Au point même, de temps en temps, de sauter un peu trop vite au-dessus du quotidien : ça surprenait au début mais ensuite pour ceux qui le pratiquaient, c’était tout lui, tout son charisme, le coté très attachant de son personnage.« 

Alphonse Pierre, ancien président la FCSF parle lui aussi de la perte d’un « ami« . « C’était un militant tenace, très présent dans les discussions sur le fond, sur là où nous voulions aller. C’était un fervent défenseur de l’idéal que nous avons formulé dans la Charte des centres sociaux, comme en témoigne le fait qu’il ait continué à s’investir dans le réseau à la suite de son départ de la FCSF. Son attachement aux centres sociaux était plus fort que tout. C’est quelqu’un qui va sans doute beaucoup manquer en PACA et je pense que son souhait le plus cher aurait été que le réseau des centres sociaux du Var continue de se développer« .

Louis Flandin n’a jamais laissé personne indifférent : son côté « rustique » ( cf. Henry Colombani) allié à son désir de voir bouger les lignes, d’entrainer les centres sociaux aux avant-postes de l’invention des reponses aux mutations sociétales ont pu bousculer (cf. Hubert Dujardin). Pourtant la pertinence de ses analyses n’a jamais été contestée. Ses prises de positions déterminées lorsqu’il était au niveau national ont heurté certains et les réactions qui en ont suivis se sont cristallisées avec d’autres critiques sur le pilotage fédéral national : il en a connu les conséquences par le non renouvellement de son mandat d’administrateur national lors de l’AG de 2007.

Le moment n’est pas encore à l’écriture de l’histoire de cette période.

En tout état de cause, Louis Flandin restera pour ceux qui l’ont connu au sein du réseau fédéral un grand militant du Projet Centre Social.

Julien Bastide avec les contributions de Serge Léger, Claudie Larrieu Clerc, Frédéric Blanc, Isabelle Godillon, Claude Gross, Henry Colombani, Hubert Dujardin, Alphonse Pierre et Jean Paul Ferrand, Dominique Garet, membres du bureau FCSF.

N’hésitez pas à poster en commentaire de cet article vos témoignages de sympathie à l’égard de Louis Flandin.

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9 Réponses »

  1. Merci pour cet hommage, qui reflète bien l’homme que j’ai connu et apprécié durant
    son mandat comme président de la FCSF.

    Dalila

  2. Un grand choc… Une vraie tristesse… mais aussi une grande espérance.
    Que l’exigence et l’intégrité intellectuelle de Louis Flandin continuent à imprégner le projet des Centres Sociaux.

    Marie-Christine BABIN
    Directrice Centre Social Confolens ( 2000-2003)

  3. Ancien Président des Francas des Alpes Maritimes, j’ai cotoyé Louis à plusieurs reprises.
    Cette annonce tragique jette un froid très glacial dans le monde de l educ pop.
    Toutes mes pensées vont à sa famille et ses amis.
    Sami CHENITI

  4. Peiné, Ô combien, lorsque j’ai appris da disparition de Luis Flandin.
    Je ne peux oublier cette A.G. de 2007, où après le passage du
    flambeau au nouveau président, celles qui s’honoraient
    que  » LOUIS  » leur fisse la bise, lui tournèrent illico le dos.
    Assis à ses côtés, j’étais plus indigné que lui, qui connaissait
    mieux que moi les secrets de la nature humaine.
    Au Revoir, Louis qui écrivait, dans une lettre
    fédérale: « nous vivons, une révolution conservatrice ».
    A quand , le réveil?

    Robert HEYMANN. Le Veilleur
    adhérent du centre social du BLANC (Indre)

  5. J’ai travaillé à la Fcsf avec Louis de 2001 à 2007 et je n’en crois pas mes yeux de cette info…je suis sous le choc et je trouve terriblement injuste cette info, après les événements qui ont généré son départ en tant que Président de la Fcsf dans des conditions bien particulières.
    Louis ne cessait de répeter cette phrase de Gramsci : pessimisme de la raison, optimisme de la volonté
    Rien à ajouter
    Florent Lacour
    Délégué Fcsf 2001 – 2007

  6. Je suis trés touché par la disparition de Louis Flandin. Lorsqu’il était Président de la FCSF et moi d’Aiga, nous avons eu l’occasion de travailler ensemble. Bien sûr, je partage tout ce qui est écrit dans l’hommage, merci à ceux qui l’ont écrit. J’ai retenu aussi l’homme avec qui on parle directement et simplement des sujets les plus délicats et la profonde cohérence entre ses valeurs et celles du réseau des Centres Sociaux.
    Sans doute, restera-t-il en nous toujours quelque chose de lui.
    Christian Payelle
    Président d’Aiga 1989 – 2007

  7. Bonjour à tous,

    Comme mon ex-collègue Florent Lacour, je suis sous le choc, de visite sur le site, je viens d’apprendre la nouvelle.

    Toute mon amitié á ses proches et dans mon coeur et dans ma tete, je garde personnellement le souvenir d’un très honnete Président qui a toujours cru en ce qu’il faisait au jour le jour.

    Christel SEIGNEUR, ancienne chargée de mission Normandie FCSF

  8. Je suis très touché par le départ bien prématuré de Louis Flandin que j’avais un peu connu et beaucoup apprécié même si sa vision vers l’avenir ne convenait pas à tout le monde J’adresse tous mes sentiments à sa famille, à ses amis, de Charente, du Midi et de toute la France et même de Rhône Alpes .
    René Maugius

  9. Comme je l’ai écrit à sa famille dès son décès, Louis était un compagnon de route. Nous étions arrivés ensemble au CA de la FCSF puis au bureau. nous avons participé a diverses taches dont les plus difficiles furent la sélection et embauche du délégué général Gérard puis le congrès de Villebon. Il m’a toujours apporté son soutien et avons souvent partagé l’analyse. Notre dernier échange fut à la dernière AG. Ce qu’il inventait en PACA ressemblait à ce que nous essayons en Midi Pyrénées. il souhaitait que nous poursuivions la réflexion en particulier sur la place des jeunes dans nos démarches. Son départ de la FCSF fut pour moi signe de fidélité et la manière dont il a rebondi signe de conviction. Louis était un grand bonhomme avec une petite théière.

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