L’appel du collectif pouvoir d’agir « Pour mieux vivre ensemble dans une démocratie vivante et solidaire »

Par • 15 fév, 2011 • Catégorie: Accueil, Actualités, Déclarations, Vie de la FCSF, Zoom sur

La Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France (FCSF) est membre du collectif « pouvoir d’agir » regroupant plusieurs associations ou organisations spécialisées dans l’accompagnement de démarches collectives locales.

Ce collectif  vient de publier un appel intitulé: « Pour mieux vivre ensemble dans une démocratie vivante et solidaire: renforçons le pouvoir d’agir des citoyens ».

Nous publions ci-dessous in extenso cet appel et invitons les bénévoles et professionnels des centres sociaux, associations et élus partenaires à utiliser ce texte comme support de débat et à nous communiquer les prises de positions ou les actions solidaires ayant découlé de ces débats.

Nous vous invitons également a réagir à ce texte, en positif comme en négatif, en utilisant la fonction « commentaires » en bas de page.

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> Cliquez ici pour télécharger cet appel au format PDF

Pour mieux vivre ensemble dans une démocratie vivante et solidaire : renforçons le pouvoir d’agir des citoyens

Déclaration proposée au débat public et aux associations membres par la collectif pouvoir d’agir
Aubervilliers, le 28 janvier 2011

Militants associatifs, militants syndicaux, professionnels, élus locaux, nous sommes des animateurs de démarches collectives locales (*). Nous partageons une inquiétude croissante sur la situation des habitants des quartiers populaires et d’autres territoires avec lesquels nous agissons.

Le développement de la défiance, de la précarité, des inégalités sociales et territoriales au sein des villes et des territoires, conjugués au discrédit grandissant du Politique et à un affaiblissement de la démocratie devient un « cocktail détonnant ».

Nous partageons la conviction que les politiques publiques mises en oeuvre dans les villes et les territoires, font fausse route sur un point essentiel : elles laissent en friche les capacités d’expression, d’initiatives et d’action des habitants.

- Elles les considèrent comme des problèmes, rarement comme des ressources, et se privent de leur créativité et de leur capacité d’action ;
- Elles individualisent les approches, misent sur le mérite individuel et la compétition et se privent de plus en plus des apports de la coopération et de la solidarité.

Parce qu’elles nient très souvent l’existence d’une pluralité de savoirs propres aux identités collectives et individuelles, aux communautés de vie, aux appartenances culturelles, aux croyances philosophiques ou religieuses, les politiques publiques ne favorisent pas la rencontre, le dialogue, et la recherche du bien commun.

Les citoyens ne sont pas seulement des habitants, clients ou bénéficiaires. Ils sont aussi acteurs. De très nombreuses expériences de terrain démontrent que renforcer le pouvoir d’agir des citoyens leur permet de se mobiliser et de se former, de transformer la vie et de rendre les politiques publiques et les services publics plus efficaces.

Lorsque l’action publique associe les citoyens à son élaboration, à sa mise en oeuvre et à son évaluation, elle gagne en pertinence, efficacité et durabilité. C’est un multiplicateur d’investissements publics et privés qui génère des dynamiques de développement pour les personnes, les communautés de vie et les territoires.

Mais pour cela, il faut y croire et avoir confiance.

Nous avons tous besoin d’une véritable révolution de nos mentalités et de nos pratiques. Il est temps pour notre pays de rompre avec des décennies de déconsidération et de crainte des citoyens, des communautés de vie et de la société civile.

Il est temps de considérer les citoyens pour ce qu’ils sont : des personnes et des groupes doués de réflexion, capables d’inventer, d’être responsables et solidaires, de décider, d’agir ensemble pour faire vivre les valeurs de notre république.

Il est urgent de soigner notre vieille démocratie

L’abstention, les émeutes et révoltes sporadiques, les logiques de ghetto de riches ou de pauvres, le recul des démarches participatives, les replis communautaristes de toutes classes sociales ou toutes origines culturelles, tirent la sonnette d’alarme. La crise économique et écologique et ses conséquences sociales ont achevé de rendre la situation particulièrement inquiétante.

Les cadres institutionnels sont devenus obsolètes à mesure que s’est développé le potentiel de la société civile. Notre démocratie souffre d’une crise profonde de la délégation du pouvoir: les représentants, qu’ils soient politiques, associatifs ou syndicaux, y sont confrontés.

Si les citoyens ne participent pas ou peu aux affaires publiques, ce n’est pas parce qu’ils s’en désintéressent, mais parce qu’ils n’ont pas, dans les espaces qu’on leur propose, de réel pouvoir sur les questions qui les concernent. On leur dénie la capacité d’agir et de participer à la décision pour le bien commun.

La démocratie n’est pas seulement un mode de désignation des représentants du peuple, c’est d’abord la manière de vivre ensemble, de décider des affaires communes et de les mettre en oeuvre.

Il faut libérer les capacités des citoyens et de la société civile !

Nous invitons l’ensemble des citoyens et acteurs intéressés à débattre des enjeux du pouvoir d’agir et à amender ce texte d’appel.

Nous invitons les associations et réseaux intéressés à rejoindre le Collectif pouvoir d’agir pour faire vivre le message et travailler à des actions locales et nationales de démonstration avec comme point d’orgue des événements publics à organiser au mois de mai.

Ensuite, nous devrons peser sur les programmes des partis politiques pour que la démocratie ne soit pas un des grands absents de la campagne électorale de 2012.

Créons les conditions du pouvoir d’agir des citoyens pour mieux vivre ensemble dans une démocratie vivante et solidaire !

(*) du développement local, du développement social territorial, du développement communautaire,
du développement local durable, de la démocratie participative, de la Politique de la Ville et du
développement social urbain, de l’économie sociale et solidaire, du travail social communautaire,
de l’éducation populaire et citoyenne, des centres sociaux, de l’action sociale, de l’éducation, de la
prévention éducative, de l’insertion, de la formation

Le collectif Pouvoir d’agir est composé des associations ou organisations suivantes:

> ASMAE – Association Soeur Emmanuelle

> le Comité National de Liaison des Associations de Prévention Spécialisée (CNLAPS)

> le Comité Nationale de Liaison des Régies de Quartier (CNLRQ)

> l’Association des directeurs de Plans Locaux pour l’Insertion et l’Emploi (Europlie)

> la Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France (FCSF)

> France Initiative

> l’Inter-Réseau des professionnels du Développement Social Urbain (IRDSU)

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