Les Voeux du Président Garnier
Par Julien Bastide • 23 déc, 2009 • Catégorie: A la une, Déclarations, Vie de la FCSFSacrifier à la sympathique tradition des vœux de fin d’année impose, pour le Président que je suis, de tirer le bilan de l’année passée et d’évoquer les perspectives de celle à venir. Je ne dérogerai pas à cette règle d’autant que j’ai le sentiment que la période qui s’ouvre devant nous est synonyme de profonds bouleversements dans le domaine de l’action sociale et impose donc d’être abordée avec lucidité.
Le défi que les centres sociaux auront à relever dans les prochaines années, M. Deroussen, Président de la Caisse Nationale d’Allocations Familiales (CNAF), l’a fort bien formulé dans le discours prononcé lors de notre Assemblée Générale de Nevers, en mai dernier. Revenant sur la signature de la Convention d’Objectifs et de Gestion (COG) entre l’Etat et la CNAF en avril, qui renouvelait pour la période 2009-2013 le soutien que la CNAF apporte aux centres sociaux, M. Deroussen nous interpellait en ces termes:
« Il faut parvenir à démontrer la plus-value de votre action sur les territoires et pour les habitants. Il faudra certes être plus exigeants sur la qualité du projet social et sur son évaluation mais l’exigence, à mes yeux, s’entend clairement dans un souci de perfectionnement et non pas de contrôle. Il s’agit de mieux valoriser l’utilité des centres sociaux. »
Il me semble que cette dernière phrase recoupe l’un des buts majeurs de notre projet fédéral: rendre plus visible et lisible l’action des centres sociaux, et notamment notre spécificité en matière d’action sociale et citoyenne. Qu’est-ce qui différencie un centre social d’un service d’aide municipal? D’une autre association de quartier? Qu’y trouve-t’on qu’on ne trouve pas ailleurs? De notre capacité à formuler une réponse claire à ces questions et à porter cette réponse au plus haut niveau de l’État dépend, selon moi, l’avenir de notre réseau.
Dans les prochaines années, voire les prochains mois, les centres sociaux vont en effet se trouver confrontés à deux difficultés majeures. La première tient à la situation économique et sociale de la France, ébranlée par une crise financière dont les effets risquent de se faire encore sentir tout au long de l’année 2010. Implantés dans les quartiers populaires, les centres sociaux sont souvent au contact des populations les moins favorisées, encore davantage fragilisées par cette crise; une crise qui, en outre, affecte les recettes publiques dont nos structures, centres et fédérations, sont largement dépendantes.
La seconde difficulté tient à la grande réforme publique enclenchée depuis bientôt deux ans, impactant notamment les champs de compétences des collectivités territoriales, connue sous le terme générique de Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP). Dans le contexte d’une politique gouvernementale qui se traduit trop souvent par des financements publics à la baisse, cette réforme, qui prévoit notamment la suppression de la clause de compétence générale pour les régions et les départements et celle de la taxe professionnelle, pourrait remettre en cause les bases sur lesquelles repose la plus grande partie du financement du secteur associatif. Par ailleurs, qui seront à l’avenir les interlocuteurs privilégiés des centres sociaux au sein de ces collectivités territoriales en pleine réorganisation et quelles seront les modalités de ce dialogue? Nul aujourd’hui ne peut le dire. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, l’Union Européenne contraint associations et services publics à redéfinir leurs relations, avec le risque de nous reléguer, au mieux, dans la position du prestataire de service, et au pire, dans celle du simple exécutant.
Il faut dire haut et fort que ces orientations ne nous conviennent pas. Face à elles, nous devons réinvestir le champ politique, afin d’opposer à cette logique libérale de prestation de services notre vision du bénévolat comme générateur de lien social, de solidarité, mais aussi de créateur de richesses. Valorisons également ce que nous avons de plus cher: la participation des habitants, dont les centres sociaux sont le vecteur privilégié afin de construire un quotidien solidaire et citoyen, comme le stipule notre Charte fédérale. Les valeurs inscrites dans ce texte doivent s’appliquer très concrètement au sein des centres sociaux, où s’expérimentent chaque jour de nouvelles façons de vivre ensemble, tournant le dos aux dérives inégalitaires, aux enfermements individualistes, corporatifs, communautaires ou nationalistes.
Face à ces difficultés et ces incertitudes, j’ai également la conviction que notre avenir dépend de notre capacité à nous unir et à nous mobiliser. Un événement comme la journée du 1er octobre 2008, au cours de laquelle nous avons invité 3 députés à exprimer leur soutien au projet centre social, n’a-t-il pas joué en notre faveur dans le processus de renouvellement de la COG évoqué plus haut? Les propos de M. Deroussen cités ci-dessus ne peuvent-ils pas être interprétés comme une mise en garde dans la perspective de la signature de la prochaine COG? Si notre réseau n’est pas capable de fournir à la CNAF les arguments nécessaires au renouvellement de cet accord indispensable à notre existence, qui le fera?
La force de d’interpellation et de conviction qui s’est exprimée le 1er octobre 2008, nous devons l’entretenir et la faire fructifier. Par deux fois récemment, nous avons eu l’occasion de faire entendre la voix des centres sociaux dans le débat public et faire reconnaître la qualité et la spécificité de notre travail: tout d’abord en réagissant vigoureusement au grand débat initié par le Ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration, puis en signant une convention de partenariat avec la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV). Mais ce n’est là que le début d’une chantier de longue haleine, qui devra permettre à notre réseau d’obtenir enfin la reconnaissance qu’il mérite.
C’est avec cet objectif en ligne de mire que nous organisons le 21 janvier prochain un petit déjeuner à destination des élus de l’Assemblée Nationale et du Sénat pour leur présenter nos actions sur le thème du vieillissement. C’est également dans cet état d’esprit que nous préparons une importante mobilisation du réseau dans la perspective des élections régionales de mars prochain. Enfin, je vous donne rendez-vous à Verdun les 5 et 6 juin prochains pour notre Assemblée Générale annuelle qui devrait, je l’espère, nous permettre d’initier la démarche qui nous mènera à l’organisation d’un nouveau Congrès des centres sociaux, fin 2012 ou début 2013.
Dans l’immédiat, je vous souhaite, à toutes et à tous, une excellente année 2010.
Pierre Garnier
Président de la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF)
Julien Bastide est chargé de communication FCSF / webmestre du site www.centres-sociaux.fr.
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Cher Président, un très grand merci pour ces paroles fortes qui vont, à nouveau porter notre année et surtout nos actions.
Tous mes voeux en retour pour PierreEmile, ses proches et tout son environnement…
Et tous mes voeux pour cette Fédération Nale que nous aimons et souhaitons, plus que jamais, en grandissement
global au service de tous: Centres de base, Fédé et Unions, bénévoles et salariés, et partenaires!
Haut les Coeurs,et que la Solidarité qui nous anime déborde de nos quartiers, de nos villes et campagnes, et vienne
irriguer, enrichir et booster tous les citoyens de bonne volonté…car on entend déjà la révolte qui gronde!!
Très amicalement et affectueusement,
Un vieux, encore sur le pont et enthousiaste…
Maxi bises à Toutes et Tous,